La porcelaine chinoise et la céramique contemporaine
La porcelaine chinoise continue d’inspirer les artistes du monde entier. Les significations complexes de la porcelaine donnent lieu à d’innombrables interprétations, tandis que les échanges culturels croissants amènent des artistes du monde entier à Jingdezhen aujourd’hui. Découvrez comment un groupe diversifié d’artistes canadiens réfléchit à la porcelaine chinoise et à son histoire.
Prendre part à l’histoire
L’assiette à sel de l’artiste canadienne Joanne Tod recrée subtilement un précédent historique chinois, une petite assiette avec des scènes d’extraction de sel produite à Jingdezhen pour le marché japonais. Todd s’amuse à déformer la perspective pour souligner l’instabilité de la signification de l’objet. La consommation de masse, le commerce mondial, la mode du bleu et du blanc et l’appropriation culturelle sont autant de thèmes inhérents au médium.
Modèles
Avant que l’utilisation du cobalt ne soit répandue, la porcelaine classique de style qingbaiutilisait des sculptures peu profondes et une glaçure bleu-vert métallique pour orner la surface. Le potier canadien contemporain Harlan House s’inspire de cette technique ancienne dans des œuvres telles que son Vase à capucines. La sculpture, la forme et la couleur évoquent toutes des traditions historiques chinoises, tandis que la capucine, une plante que M. House cultive dans son propre jardin, permet de faire le lien entre l’œuvre et la vie quotidienne de l’artiste.
Icônes
Des formes telles que le vase à double gourde sont devenues populaires en Occident au XVIIIe siècle et ont véhiculé diverses connotations de classe, de raffinement et de goût. Évoquant d’abord l’« exotisme », ces formes chinoises se sont rapidement imposées dans le langage des arts décoratifs européens. La Silhouette 2951 de Léopold Foulem adopte la double gourde comme icône, utilisant la forme pour remplacer l’idée de vase. Cette sculpture conceptuelle se fonde sur la lisibilité des céramiques chinoises pour poser la question de l’idée par rapport à la chose.
Voyages
À partir du début des années 2000, de nombreux artistes occidentaux se sont rendus en Chine pour travailler dans les ateliers nouvellement privatisés de Jingdezhen. Les échanges universitaires et les programmes de résidence se sont multipliés, les artistes s’inspirant de modèles historiques ainsi que du bassin de main-d’œuvre hautement qualifiée. L’artiste canadienne Ann Roberts a sculpté Les prétendants de Pénélope à Jingdezhen, en utilisant des images tirées de la mythologie grecque. Paul Mathieu a conçu Pêches et chauves-souris et en a commandé la fabrication, recréant des ornements de la dynastie Qing pour commenter l’interaction complexe entre l’image, l’objet et le désir.
Identité
Les artistes canadiens d’origine chinoise s’inspirent de l’histoire de la porcelaine pour étudier leur propre identité aujourd’hui. Brendan Tang recrée un vase chinois bleu et blanc, mais en déforme la forme avec des ondulations et une base robotique pour évoquer l’interaction entre l’ancien et le moderne. Sin-ying Ho combine l’imagerie chinoise et occidentale pour remettre en question les normes de beauté des objets et de la forme féminine. Ensemble, nous observons la manière dont les deux artistes parcourent les aspects présents et ancestraux de leurs identités.